dimanche 13 septembre 2020

Mike Horn : du K2 au pole Nord (Conférence du 12/09/2020 à Paris)


Hier profitant d'un cadeau d'anniversaire, je suis allé voir une conférence de l'explorateur Mike Horn au Grand Rex.

Reportée de quelques mois en raison de la crise sanitaire, la conférence a fini par se tenir dans des conditions devenues habituelles : distanciation physique dans la salle et port du masque obligatoire.

Sans fouille à l'entrée dans une salle aussi gigantesque, le risque d'attentat de type "Bataclan" semble étrangement et faussement lointain, comme si le Covid avait fait disparaitre le terrorisme.

 Le Grand Rex est un endroit magnifique que je ne connaissais pas. Ses dimensions et sa décoration néo-orientale en font une des plus belles salle de spectacle de Paris.

A endroit hors du commun, conférence hors du commun ?

Oui ! Introduit par ses deux filles devenues depuis la mort de sa femme Cathy en 2015, le moteur principal de ses projets, Mike Horn se présente sur scène en jean-baskets-tee shirt serré, avec un physique de jeune homme malgré ses 54 ans.

D'entrée, l'auto-dérision surprend, Mike s'excuse pour son mauvais français mâtiné d'Anglais, Afrikaner et d'accent suisse, plaisante sur ses expériences télévisuelles sur M6, égratignant au passage gentiment le chanteur M Pokora.

Si les mots sont simples, le propos n'en recèle pas moins une portée philosophique.

Lorsqu'il part dans une expédition, Mike estime avoir 5% de la connaissances sur son environnement, les 95% autres, représentant l’intérêt principal de l'entreprise.

S'il attendait d'avoir 100% des informations, jamais il ne partirait.

Et dans la vie de tous les jours, c'est la même chose : souvent la peur de l'inconnu, de l'échec, nous paralyse.

Avoir trop de confort et trop d'options nous permet également de reculer devant un projet.

Sans prise de risques donc pas de gain, pas de progression pour lui.

Pour illustrer son propos, des images de son expédition en voilier au Svalbard avec comme objectif le recueil de données sur le chant des baleines au Pole Nord.

 Là, Mike semble surprendre son équipe et invite trois jeunes "influencers" l'ayant accompagné pour développer sa communication via Youtube.

Les anecdotes et blagues fusent entre le profil de jeunes "geeks" vissés à leurs écrans et celui du rugueux aventurier habitué à la rusticité.

Mais Mike semble surtout avoir été marqué par ses voyages sans assistance en Arctique avec son ami l'explorateur norvégien Borge Ousland en 2006 puis 2019.

Si la première a été une réussite, la seconde a tourné à la catastrophe, Mike étant tombé dans l'eau glacée et ayant du être évacué après avoir perdu des orteils. 

Dans la partie la plus longue de la conférence, Mike exhibe son matériel et explique en détail comment il l'utilise. Tout y passe ou presque : des gants à la tente, en passant par le pantalon disposant d'ouvertures "stratégiques" pour satisfaire ses besoins naturels.

La présence d'enfants invités sur scène ne suffit pas tout à fait à masquer certaines longueurs, mais Mike termine à nouveau fort en renouvelant ses leçons de vie : vivre pour ses rêves, utiliser chaque jour de son existence pour grandir, donner aux autres, obtenir de la discipline, héritage de son père, un joueur de rugby avec qui il allait courir à 6h du matin dès ses six ans pour incarner un modèle "inspirant".

En conclusion, durant ses presque trois heures de conférence, Mike Horn s'est montré à la hauteur de sa réputation : un homme simple, brut, ayant une soif d'expériences insatiable.

L'argent n'est pas pour lui le moteur, c'est plutot la connaissance et la transmission qui le guident.

Des risques insensés en milieu hostile (-40°C!), de la glace, du vent, des chutes dans l'eau glacée ou des crevasses, la rencontre avec des animaux sauvages (ours), l'épuisement, la douleur, la peur, le découragement, Mike a connu tout cela dans ses voyages, ce qui l'a rendu humble.

Aussi, sans prétendre égaler 1% de son courage et de ses capacités de résilience, je pense que Mike Horn est une forme de modèle du monde contemporain pour ceux qui veulent construire et faire "quelque chose" de leur vie.

Alors et si on arrêtait de se trouver des excuses pour vivre "comme un mort" ?

Si tout le monde n'a pas les mêmes cartes à la naissance, la vie est finalement ce qu'on l'en fait.

 

 



 

 



dimanche 6 septembre 2020

L'art de la couverture accrocheuse au travers du comics : Captain-america : Streets of poison

Ayant terminé il y a peu le remarquable "Streets of poison" de Mark Gruenwald et Ron Lim, je ne peux résister à l'envie de vous diffuser ces couvertures confirmant le génie dramatique des auteurs :

Ici, Captain-america apparait en fâcheuse posture, à la merci d'un des plus redoutables et fascinants tueurs du monde Marvel, Bullseye, alias le Tireur en français. Le lecteur se demande comment Cap va se dépêtrer des griffes de Bullseye et a juste envie de bondir de son siège pour lui porter secours.

 

Encore plus accrocheuse, cette couverture montre un Captain enragé bondissant sur Daredevil, censé lui -aussi être du coté du bien.  Outre l'excitation d'un possible combat entre deux super-héros légendaires officiant dans un registre similaire, celui d'hommes certes hors du commun mais vulnérables, de multiples questions assaillent le lecteur sur le pourquoi de cette rixe. 


Plus simple mais tout aussi efficace, cette couverture montre un Captain tomber en chute libre depuis ce qu'on imagine un gratte-ciel. Le rictus de crispation en dit long sur la criticité de la situation vécue par le héros. La tension dramatique est encore une fois à son maximum !




mardi 1 septembre 2020

Extrait Vox populi

Je viens de mettre un extrait en ligne de Vox populi :
"Sylvain passa le soir du Nouvel An dans le noir, seul sur son canapé à regarder des vidéo-clips de TFM se dévider inlassablement sous ses yeux aux pupilles éclatées.
A minuit, les clameurs de la rue le tirèrent subitement de sa sinistre torpeur.
Il risqua un œil à la fenêtre et découvrit avec stupeur une scène de guerre dans Paris : les jeunes de la cité s’étaient rassemblés en groupes compacts et utilisaient les mortiers des feux d’artifices pour se tirer dessus dans la rue Garnier qui coupait perpendiculairement la rue de Vitray.
Le bruit était infernal, assourdissant et les traînées de lumière spectaculaires.
Face à cette meute déchaînée s’invectivant, les commerçants avaient prudemment baissé rideaux et les quelques passants encore dehors rebroussaient prestement chemin.
Cantonnée dans son petit commissariat de quartier, la police de la ZU avait bel et bien renoncé à intervenir face à ces excités maniant des bombes incendiaires.
La foule grossissait et on entendait les meneurs galvanisés parler de remonter la rue pour prendre d’assaut le checkpoint de la ZS n°13 de la BDN.
Au bout d’un temps abominablement angoissant, Sylvain entendit des sirènes et assista aux premières loges de son petit balcon à l’arrivée des DOGS.
Appuyée par un STONE, surmonté d’un canon télé-opéré à haute précision, trente DOGS casqués et encaparaçonnés dans leurs armures de combat se déployèrent faisant face à une centaine de jeunes excités.
Quelques tirs de mortier mal ajustés volèrent en direction des DOGS ce qui eut pour effet de déclencher une riposte immédiate.
En un éclair, le système de combat du STONE acquit plusieurs cibles et largua une salve de missiles sol-sol à guidage laser dans la masse compacte, fauchant net les émeutiers pris au dépourvu.
Effectuant une manœuvre bien rodée, les DOGS profitèrent de l’effet de choc pour charger la foule désorganisée.
Protégés par leurs champs de force, les DOGS ne risquaient pas grand-chose et leurs pistolets à impulsions électromagnétiques commencèrent à faire des ravages chez leurs adversaires qui s’écroulaient, frappés dans leurs organes vitaux par ces armes aussi silencieuses que mortelles.
Mais ce qui rendait les DOGS si irrésistibles était leur capacité à fonctionner en réseaux numériques combattants, interconnectés par des batteries de senseurs incorporés à leurs armures de combat.
Les capacités des combattants de l’OGS étaient telles que d’insistantes rumeurs laissaient entendre que son président Rueger n’était en réalité qu’un faire-valoir, la véritable tête pensante n’étant pas un être humain mais une Intelligence Artificielle, capable via son réseau numérique opérationnel d’analyser les situations en temps réel et de prendre les options décisives sur le champ de bataille.
Mais tandis que le gros de la meute refoulait à présent en désordre, des petits groupes isolés et mobiles tentèrent de se détacher pour harceler les DOGS en leur jetant des canettes et des pavés.
C’est à cet instant qu’entrèrent en action les FAST, ces véhicules ultra mobiles dotés de systèmes de détection radar, infrarouge et vidéo, qui fondirent sur leurs proies pour tenter de les percuter ou de les rabattre dans une rue étroite.
Légers, furtifs, bas sur caisse et taillés pour la vitesse, les FAST pouvaient grâce à leurs suspensions pilotées et leurs quatre roues motrices mues par des moteurs électriques indépendants, atteindre les 200 km/h en deux secondes et manœuvrer dans des espaces confinés.
Face à pareil déploiement, les émeutiers n’eurent bientôt plus d’autres choix que de se replier sur les toits ou dans les caves pour tenter de poursuivre le combat en mode guérilla.
L’épreuve de force dura plusieurs heures durant lesquelles le quartier fut en ébullition mais Sylvain, abruti par tant de violence et de stress finit par se retirer de son observatoire pour se pelotonner sur le canapé et dormir."
https://thomas-harnois.iggybook.com/fr/vox-populi/


samedi 29 août 2020

Vox populi : fin du monde ou nouvel espoir ?

Je suis heureux de vous annoncer la sortie de mon nouveau roman "Vox populi" dont voici le résumé ci-dessous :
2109.
La Mondialisation disparue, balayée par l'épuisement des ressources et les guerres.
La France gouvernée par l'OGS, complexe militaro-industriel qui impose au nom de la sécurité une ségrégation géographique de la population selon des critères sociaux, ethniques et religieux.
Deux frères aux deux versants de cette nouvelle société, pris dans la tourmente d'un drame familial.
Une seule alternative : la soumission à la technologie souveraine de l'OGS ou l'"effacement" propre et discret.
A moins que le salut ne réside dans l'avènement d'un nouveau messie ?

Ce lien pour en savoir plus :
https://thomas-harnois.iggybook.com/fr/vox-populi/




samedi 22 août 2020

Niger : les humanitaires proies idéales pour les groupes terroristes

Inhumée hier près de Toulouse, Myriam Dessaivre, la bénévole d'Acted assassinée au début du mois au Niger, était sans nul doute une personne formidable.
Son portrait brossé par ses proches dans le Parisien est celui de beaucoup de jeunes français d'une vingtaine d'années : idéalistes, révoltés par l'injustice, les guerres, les inégalités, désireux de mettre leur énergie débordante pour des causes "justes" afin de "changer le monde" ou en tout cas de le rendre "meilleur".
Je ne connais pas le Master "Peace studies" de l’Université Paris-Dauphine, mais je pense que son contenu doit être de qualité et que Myriam a du y apprendre des techniques de gestion de crise et de négociations en cas de conflits.

Mais le problème est que face à des personnes puissamment endoctrinées comme des terroristes fanatiques, aucune technique de négociation ne fonctionne.
Son frère, toujours dans le Parisien, décrit une jeune femme "rayonnante de gaieté, pacifiste à 400%" et avance des explications comme "l''exclusion, le mépris et l'abandon engendrent la colère. Ils sont le terreau de cette violence qui a emporté ma sœur", tout en souhaitant "qu'un jour vienne le temps du pardon".
Ce type de discours misérabiliste et social, tend à essayer de comprendre, voir justifier ce qui ne l'est pas, c'est à dire la folie destructrice qui habite certains hommes.
Le pardon dans cette famille présentée comme catholique est sans doute une étape obligée, mais il n'a rien automatique et devrait s'accompagner de conditions d'actes forts de repentances des coupables.
Myriam était sans doute animée des meilleures intentions mais aveuglée par son désir de "bien faire", n'a pas perçu que :
-le terrorisme n'a que faire de principes moraux. Sa haine et son nihilisme font que seule la force des armes peut le faire plier ;
-quoi qu'en disent les recommandations du Ministère des affaires étrangères, le Niger n'est pas un pays sur. Des enlèvements d'employés d'Areva y ont eu lieu. De plus des actes similaires ont déjà eu lieu récemment dans des réserves naturelles du Bénin et du Cameroun voisins, ce qui montre que les terroristes savent parfaitement cibler les sites dans lesquels les touristes constituent des proies faciles ;
-la présence de "gentils petits blancs" en Afrique n'est pas forcément toujours bien perçue par les populations locales. Ceux qui se mêlent des affaires de pays indépendants depuis 60 ans peuvent vite se faire taxer de "colons" et provoquer le rejet voir la haine ;
-les projets humanitaires existent depuis les années 70/80, on se rappelle de "USA for Africa",  de Daniel Balavoine qui creusait des puits dans le désert ou des chanteurs français pour l’Éthiopie.




Mais au delà du besoin de bonne conscience de certaines stars privilégiées, perfuser les gens et les assister n'a jamais permis leur développement.
Beaucoup de pays africains contiennent des richesses naturelles (pierres précieuses, pétrole au Niger) qui leur permettraient de se développer seuls si leurs gouvernements investissaient dans des infrastructures et des sociétés nationales.

Alors Acted peut maintenant attaquer l'Etat français pour ses manquements supposés, ceci ne ramènera pas la jeunesse gâchée de Myriam qui croyait sans doute malheureusement pour elle, en la bonté des hommes...














lundi 17 août 2020

La déterminisme triomphant ?


Je suis loin d’être une personne exempte de défauts mais j'aime l'idée de progression et d'amélioration. Pour autant, je constate que l'écrasante majorité des gens sont incapables d'une quelconque démarche d'évolution, même lorsque des "accidents" de la vie viennent les frapper.
Ils sont souvent le produit d'une éducation, d'une culture et reproduisent le modèle de leurs parents non parce qu'ils le trouvent approprié mais parce qu'ils ne connaissent pas autre chose. Certes à l'enfance ou l'adolescence on est plus malléable et ouvert, mais avec l'age tout se referme vers un repli conservateur.
La reproduction d'un modèle n'est pas en soin mauvaise mais il est dommage de ne pas en corriger les erreurs et leurs impacts lorsqu'ils peuvent être néfastes.
Ainsi l'homme moderne croit fermement en sa liberté mais est en réalité soumis à un déterminisme socio-culturel qui l'enferme implacablement en faisant jouer d'irrépressibles mécanismes inconscients.
Les politiciens usent et abusent de la thématique du changement pour stimuler les foules mais ne font en réalité que réutiliser les mêmes vieilles méthodes éprouvées avec un simple relooking de communication.
Alors comment dans ce cas conserver l'espoir dans un quelconque progrès ? 
A mon sens, ce n'est qu'au pied du mur, acculé à un faisceau de contraintes (guerres, pandémies, catastrophes naturelles ou industrielles) que l'homme est capable de ruptures dans son mode de pensée.
Par exemple, la crise du Covid n'a pas été suffisante pour provoquer ces changements et peu de gens sont réellement en mesure de se remettre en question dans leur vie professionnelle et privée.
Le problème pour les phénomènes à inertie lente comme la destruction de notre écosystème, est que si l'action est trop tardive, elle peut ne pas suffire à infléchir la dynamique établie et attendre que d'autres générations nous tirent d'affaires parait au final bien incertain.
Alors le déterminisme cité entrera en action pour rétablir les comptes vis-à-vis d'une nature violentée.
Alea jacta est ?

 



dimanche 12 juillet 2020

L'art du jetinho brésilien

Naviguer entre deux pays et deux cultures différents m'amène souvent à remettre ma culture française en question.
Au Brésil, j'apprécie grandement la culture du "jetinho".
Si certains lui associent une face négative comme étant l'anti-chambre du clientélisme et de la corruption, je lui trouve de grands avantages en tant que facilitateur de la vie quotidienne et des relations humaines.
En France et tout particulièrement à Paris, les relations humaines sont difficiles, voir exécrables.
Pour illustrer mon propos, voici trois anecdotes qui me sont arrivées hier en plein pont du 14 juillet  :
-un chauffeur de Uber désagréable qui a menacé de ne pas prendre la course au motif d'une obscure règle de sécurité qui avait changé, qui a invoqué que je m'étais trompé d'adresse puis a râlé sur la longueur de la course (4 km soit 8 minutes de trajet) ;
-une mère de famille agressive verbalement dans un parc après que sa fille de dix ans ait failli percuter en trottinette deux petites filles de 3 ans jouant ensemble ;
-des employés au profil d'étudiants d'Office Dépôt, qui m'ont refusé l'entrée de leur magasin car je suis arrivé 2 minutes après l'horaire administratif de fermeture et que des clients étaient encore dans les locaux, qui ne voulaient pas entendre mes arguments, m'ont fermé la porte au nez puis devant mon agacement m'ont ensuite jusqu'à me nargué derrière la vitre !

Et quiconque a déjà eu maille à partir avec l'administration française, sait combien l'accueil est souvent désagréable et le manque de considération flagrant.

Au Brésil, ces choses-là ne se produisent que rarement.
Les lois et règles existent bien entendu mais quand un problème survient dans leur application, le "jetinho" conscient ou inconscient surgit pour trouver une solution :


Dans n'importe quel commerce, taxi, hôtel, salle de sport... on sent donc une volonté de préserver la relation humaine.
Ainsi la rigidité de la règle est aménagée, un arrangement à l'amiable est trouvé, le conflit est évité et au lieu d'un ennemi on y gagne de bonnes relations.

Bien sur, de nombreux autres problèmes existent au Brésil, mais lorsqu'on subit toute l'année la mauvaise humeur, l'agressivité et le mal-être des Français, on rêve de retrouver un peu ce "jetinho" brésilien symbole de créativité, de débrouille et de paix sociale qui fluidifie les rouages lourds et grippés de la société.

Sur ce bonnes vacances à tous !